Affichage des articles dont le libellé est Chansons. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Chansons. Afficher tous les articles

vendredi 3 avril 2015

Anita Lane
Et The World's A Girl


Inconnue du grand public, Anita Lane est une figure incontournable de la scène post-punk du début des années 80. Originaire de Melbourne et compagne du chanteur, poète et musicien australien Nick Cave pendant près de dix ans, elle fut considérée comme un membre à part entière du groupe Nick Cave and The Bad Seeds originel, pour lequel elle fit don de son talent de parolière sur plusieurs chansons de différents albums à l'exemple de From Her To Eternity, premier disque né des Bad Seeds (les "Mauvaises Graines" en français) dont elle co-écrit la chanson éponyme.


Anita Lane et Nick Cave


Se prêtant au chant et à l'écriture depuis l'âge de seize ans, elle collaborait déjà avec The Birthday Party, groupe précurseur aux Bad Seeds, dissolu en 1983. A la fois muse de Nick Cave (il lui dédia son roman Et l'âne vit l'ange publié en 1989) et artiste, Anita Lane se lança dans une carrière solo en 1988, tout en continuant de collaborer avec les membres de The Bad Seeds comme Nick Cave et Blixa Bargeld. Mais c'est avec la Mauvaise Graine Mick Harvey que son travail s'avéra le plus prolifique.


The World's A Girl



Loin du post-punk débraillé de The Birthday Party et des premières heures des Bad Seeds, avec The World's A Girl, Anita Lane lorgne plutôt du côté de la folk mélancolique. La chanson, composée par Mick Harvey, parue d'abord sur le premier album de la chanteuse Dirty Pearl sorti en 1993 (Harvey en assure la production), puis fut produite en single 45 tours et CD en 1995 accompagnée des titres I Love You Nor Do I et Bedazzled, tous deux en duo avec Nick Cave.

L'influence réciproque entre le poète post-punk Cave et la chanteuse est d'ailleurs très perceptible dans le texte de The World's A Girl. Comme son ex-compagnon, Anita y utilise un vocabulaire biblique, évoquant l'abîme, la possession et l'âme.
On peut imaginer que les paroles concernent Nick Cave, avec qui elle rompt en 1988 alors qu'il est accro à l'héroïne et contraint de suivre une cure de désintoxication:

"You said the world's a girl
And I'm taking her apart
And when I cried you said
Beggar girl laugh
When my protests went wild
You brushed me aside
Like the finger of a child
When I closed my eyes
You took me from the pedestal
Down to the abyss
My soul was but consumed
I thought you were inspired
But you were just possessed

Now I have moved on
Your face is nearly gone
But your words hold me still
Silence to my will"

"Tu as dit que le monde est une fille
Et je la démonte
Et quand j'ai pleuré tu as dit
La fille de mendiant rit
Quand mes protestations se sont déchaînées
Tu m'as rejetée
Comme le doigt d'un enfant
Quand j'ai fermé mes yeux
Tu m'as prise du piédestal
En bas à l'abîme
Mon âme n'était pas trop consommée
Je pensais que tu étais inspiré
Mais tu étais juste possédé

Maintenant j'ai avancé
Ton visage est presque parti
Mais tes mots me tiennent toujours
Silence à ma volonté"



Filmée avec une caméra Super 8, Anita Lane est envoûtante de sensualité lorsqu'elle se mêle au vent du Maroc dans le clip de The World's A Girl, rappelant Brigitte Bardot, une influence dont elle témoignait déjà en reprenant le titre Je T'aime Moi Non Plus et, plus tard, Harley Davidson.



sources: Wikipédia et Le Nouveau Dictionnaire du Rock



mardi 28 octobre 2014

"Clouds are drifting across the moon 
Cats are prowling on their beat
Spring's the girl round the street at night
Dirty old town
Dirty old town"
"Les nuages passent devant la lune
Les chats rodent
Le printemps est une fille autour de la rue la nuit
Vieille ville sale
Vieille ville sale"
THE POGUES,
Julian Casablancas 
ET DIRTY OLD TOWN



Si l'on entend peu souvent parler de The Pogues comme une influence majeure de la scène rock, le groupe formé à Londres en 1982 mêlant musique traditionnelle irlandaise et punk semble avoir eu un certain impact sur la scène garage rock revival qui émergea au début des années 2000: tandis que Julian Casablancas, bière à la main, arborait sur les premières photos des Strokes un tee-shirt The Pogues - dans les premières prestations scéniques de son groupe, avec sa désinvolture, son regard désabusé, son alcoolisme et sa clope au bec, Casablancas n'était pas sans rappeler les jeunes années de Shane Macgowan -, Pete Doherty, amoureux de musique folk, posait avec le leader dudit groupe Shane MacGowan, eux aussi bière à la main, et postait sur son compte youtube la chanson Dirty Old Town, version Pogues...

Je reste dans les environs de Manchester, plus précisément à Salford avec Dirty Old Town. La version des Pogues transpire la Guiness consommée à foison dans un bar miteux d'une ville paumée d'Irlande où il n'y aurait rien d'autre à faire que de s'ennivrer du soir à l'aube en écoutant des ballades folkloriques. Pourtant, la chanson popularisée par des groupes de musique irlandaise (The Dubliners, avant les Pogues, l'avaient déjà reprise) n'a rien à voir avec une quelconque ville d'Irlande, mais évoque bien Salford, une des premières grandes villes industrialisée d'Angleterre, dans le Lancashire. Si Shane Macgowan chante Dirty Old Town d'une manière si viscérale qu'elle semble avoir été écrite pour lui et même par lui, c'est Ewan MacColl qui donna naissance à la chanson, un chanteur, compositeur, acteur, poète et écrivain salfordian, en 1949 (la fille de ce dernier, Kirsty MacColl, collabora plus tard avec les Pogues sur la chanson Fairytale of New York). Dirty Old Town doit son titre à une appellation courante de la ville de Salford par les Anglais, qu'on pourrait traduire par "vieille ville sale". L'auteur dresse un portrait poétique, romantique et passioné de cette ville qui semble pourtant le dégoûter:

"I met my love by the gas works wall
Dreamed a dream by the old canal
I kissed my girl by the factory wall
Dirty old town
Dirty old town"


"J'ai rencontré mon amour près de l'usine à gaz
Rêvé un rêve près du vieux canal
Embrassé une fille près du mur de l'usine
Vieille ville sale
Vielle ville sale"


Une portion du canal évoqué dans la chanson.

La version des Pogues apparaît sur leur deuxième album, Rum, Sodomy and the Lash, sorti en 1985. Si l'auteur original Ewan MacColl, père de la musique folk anglaise, avoua ne pas tellement apprécier cette version, il admira cependant l'esprit du groupe.
"La magie de cette chanson fait qu'elle s'adapte finalement très bien à de nombreuses villes industrielles du Royaume-Uni, d'Europe en général ou encore des Etats-Unis." (wikipédia) et j'irais même plus loin: la chanson émane un tel sentiment de dégoût mélancolique qu'elle peut faire penser à n'importe quelle sorte d'endroit sordide ou désolant.

"I'm gonna make me a big sharp axe
Shining steel tempered in the fire
I'll chop you down like an old dead tree
Dirty old town
Dirty old town"
"Je vais me faire une hache bien affutée
Acier brillant trempé au feu
Je t'abattrai comme un vieil arbre mort
Vieille ville sale
Vieille ville sale"

source: wikipédia









mardi 6 mai 2014

"Confusion in her eyes that says it all
She's lost control" She's Lost Control - Joy Division


JOY DIVISION - SHE'S LOST CONTROL


Alors que Ian Curtis travaille dans un bureau de recherche à l'emploi pour handicapés, une jeune femme fait un jour une crise d'épilepsie devant lui. Peu après, le chanteur-parolier de Joy Division apprend qu'il est lui-même épileptique, et à la suite d'un appel téléphonique, que la jeune femme est morte d'une crise. 
Ian Curtis écrit She's Lost Control, dont les paroles, sur une musique froide (signature de Joy Division) où perce l'angoisse, répètent encore et encore "Elle a perdu le contrôle" "J'ai perdu le contrôle". Tout comme la jeune femme, Curtis perd le contrôle, lui dont l'épilepsie et son traitement lourd, cette épilepsie qui lui demande du repos qu'il ne prend pas, lui gâcheront la vie.


She's Lost Control fut d'abord introduite à un concert du groupe en juin 1978. Une première version fut réalisée en 1979 sur l'album Unknown Pleasures, puis une seconde version apparut en 1980, plus électronique, en face B du single Atmosphere, sorti après la mort de Ian Curtis. Le chanteur, jouant rarement d'un instrument sur les morceaux de Joy Division, aurait joué une ligne de clavier durant l'intro de la chanson pendant certains enregistrements live.





Ian Curtis et la "danse du papillon crevé".


Ian Curtis s'inspira des crises d'épilepsie pour sa "danse du papillon crevé", plongeant le public dans la confusion, ses mouvements frénétiques se révélant parfois être de vraies crises.




samedi 22 février 2014

"the music they constantly play
it says nothing to me about my life" Panic - The Smiths



PANIC - THE SMITHS

Photo: Getty

En 1986, Steve Wright, présentateur sur BBC Radio1, passe le morceau I'm your man du duo pop Wham! après avoir présenté le bulletin d'informations annonçant la catastrophe de Tchernobyl. Choqués par la négligence de Wright, les Smiths réagissent: Morrissey et Johnny Marr écrivent Panic.

Morrissey et Johnny Marr dans les années 80.

La chanson sort en 45 tours en juillet 1986 avec en face B Vicar in a tutu et apparaît sur les compilations The world won't listen et Louder than bombs. On sait le provocateur Morrissey très doué pour réagir aux faits divers et en faire d'excellents textes (il écrivit Suffer Little Children en échos au traumatisme qu'il éprouva, enfant, lorsque les Tueurs des Landes sévissaient à Manchester) , parfois d'un cynisme mordant. Ainsi, sur Panic, Morrissey scande inlassablement "Hang the DJ" ("Pendez le DJ"). Il véhicule ici un message violent, bien qu'il interprète la chanson avec une certaine légèreté (reflétant la légèreté de Wright?), mais on peut supposer qu'il répond à la violence que lui inspira l'acte du présentateur par la violence... Provocation? Quoi qu'il en soit, "Hang the DJ" est répété 33 fois durant le morceau. Morrissey et Marr iront jusqu'à porter le portrait de Wright en t-shirt affublé de la fameuse phrase. 
Morrissey déverse en même temps dans son texte sa révolte contre la musique pop "ça ne me dit rien sur ma vie", dit-il. Comme d'habitude lorsqu'il s'agit des Smiths, la presse s'emballe et les paroles de Panic font scandale à sa sortie. Morrissey et Marr sont accusés d'inciter au racisme suite à la ligne "burn down to the disco" ("brûlez la discothèque"), Marr répondra que la musique disco n'est pas nécessairement associée à la musique noire. Panic atteindra tout de même la onzième place des charts britanniques.

source: wikipédia





jeudi 23 janvier 2014

Peter Doherty - Salomé


Peter Doherty, auteur-compositeur-interpète qui s'est imposé au fil des années comme une sorte de prophète des âmes égarées au talent indéniable, nous conte dans cette sublime chanson d'une mélancolie poignante sa vision de Salomé, personnage mythique dans la bible qui inspira de nombreux poètes et peintres. Elle sera notamment mise en scène par Oscar Wilde dans sa pièce Salomé, une influence littéraire majeure pour Doherty dont ce n'est pas la première fois qu'il cite l'auteur dans ses textes (son premier groupe, The Libertines, clamait autrefois sur leur titre Narcissist "Well wouldn't it be nice to be Dorian Gray / Just for a day?", Le Portrait de Dorian Gray étant l'oeuvre géniale d'Oscar Wilde).
Salomé, fille d'Hérodiade, dansa devant Hérode Antipas qui en fût tellement charmé qu'il lui accorda n'importe qu'elle souhait: elle lui réclama la tête de Jean-Baptiste sur un plateau.
Peter Doherty nous dépeint ici cette femme fatale lui apparaissant comme une vision divine dansant dans les flammes de ses chandelles, réchauffant sa nuit, "la plus froide des nuits". Puis conclut par:

"I stand before her amazed
As she dances and demands
The hand of any bastard on a plate"
"Je reste devant elle étonné
Quand elle danse et demande
La tête de n'importe quel salaud sur un plateau"




Alizé Meurisse, amie de longue date de Peter Doherty et artiste multi-talentueuse, peint une version moderne de Salomé qui illustre la pochette de l'album solo du chanteur, Grace/Wastelands (Grâce/Terrains vagues), dans lequel figure ladite chanson.